Un texte retrouvé au détour du net !!
J'aime bien que je n'en sois pas l'auteur à vous faire partager.....
Chacun son couple...
Avoir le cran de se dire qu'il vaut mieux rester seul !
Voilà ce qu'il me manque. Accepter que tout le monde n'est pas fait pour se plier au dogme du couple....
On recherche tous et toutes "l'autre", mais dans le fond, on ne se demande jamais si c'est en accord avec nous même. Oui, on tient absolument se mettre au diapason avec sa moitié, alors que parfois on est incapable de ne former qu'un avec soi même. On regarde autour de soi, on voit des duos et un plus que les autres: nos parents....C'est gravé dans notre inconscient: "moi aussi un jour j'aurai ma béquille, mon soutien, mon additif....
On est tous un banal verre d'eau qui attend le sirop. On se dit qu'on est bien fade sans colorant, sans goût, sans sensation sur la langue. Mais dans le fond, quand on se penche un peu sur la question, la flotte, c'est pas si mal.... Ça se suffit à soi même....
La solitude....ouais, je vous vois venir avec la solitude. Je l'ai longtemps fuit,en allant me fondre parmi les erres de la nuit, croyant sentir une émulation à l'idée de partager avec d'autres une individualité. C'est banal à dire, mais en y regardant bien on a beau être entouré d'âmes plus ou moins vivantes, on en reste pas moins une seulement éphémère partie d'une grosse machine à créer la présence. On est toujours un peu en conférence avec soi-même, vous pensez pas ?
La solitude, celle que tous nous considérons comme une retraite d'ermite,je l'expérimente depuis 15 jours. Il y en aura pour me dire "15 jours, mais c'est rien". Tout est relatif. Avant ça, j'ai connu 3 années consécutives de vie à deux. Deux ans avec une maniaco dépressive, un an avec une lesbienne refoulée, le tout espacé de 2 mois à peine. Allez savoir pourquoi, j'affectionne les relations "fusionnelles", celles où l'on ne se quitte jamais. (un manque de confiance en moi je pense). Enfin, c'est pas que j'affectionne ces relations qui tuent le couple en nous suicidant, mais c'est qu'elles ont pris cette tournure comme une évidence. Bon, tout ça pour dire que la solitude, je connaissais pas. Peut être qu'un cumulant les moments où j'allais uriner ou couler un bronze, et donc où j'étais seul, on doit arriver à deux semaines de solitude.....
Là j'ai décidé d'arrêter de boire. Envie de renouveau, de changement, de me surprendre. Donc, depuis 15 jours, pas foutu les pieds dans un bar. (vous me direz, ça n'empêche pas d'acheter une bouteille. Ben croyez moi ou non, j'évite...euh...oui....j'évite...hum) Concours de circonstances, mon colloc et amis sont en vacances, ainsi que ma nouvelle demie copine qui elle batifolle sur les sommets avec son mec....l'officiel.
Vous voyez le décors type "désert relationnel" qui se plante autour ?
Ben c'est exactement ça: une grande plaine de Sibérie qui n'a rien vu passer depuis l'âge du Mammouth....
Au début, ça fait bizarre, façon "Y'a quelque chose qui cloche". Comme un morceau de Persil coincé entre les dents de devant....Ça dénote. Alors on se raccroche au téléphone, à la boite aux lettres ou à sa boite Mail. Et puis, que dalle. On comprend vite alors qu'il va falloir domestiquer une peur enfantine: être seul. On fuit les monstres d'habitude. Oui: on se fuit soi même. On évite donc les tête à tête avec sa conscience, avec ces interrogations qui en tant nomal n'ont pas le temps de se faire.
Parce qu'on ne veut pas toujours que les questions se posent, craignant que les réponses ne fassent s'écrouler le château de cartes que nous sommes.Dur de se remettre en question.
Je me rends compte après ces 15 jours que je me sens bien dans cet appart silencieux et enfumé. Je crois bien que je ne me suis même jamais senti aussi serein. J'en arrive à me demander si dans le fond, ce n'est pas là que se cache ma quiétude. Objectivement, je me connais assez pour dire que je n'ai pas l'énergie pour soutenir les efforts d'une relation suivie.
J'ai pensé l'avoir, ou que l'amour me la donnerait, mais faut croire qu'avec moi la passion est plutôt radasse niveau énergie... Passée l'excitation des débuts, je me refais parasiter par mes questions, mes doutes. Inévitablement,je me vide comme ces lapins qui eux non plus n'ont pas eu la chance d'avoir une duracell.... Je suis mal foutu: j'ai juste assez de carburant pour mener ma p'tite course, mais malheureusement y'a pas de place pour une passagère.
Inconsciemment, je devais le savoir depuis un moment. Je ne me suis pas reconnu quand j'ai pensé à l'embrasser. Une fille casée depuis belle lurette, de l'avis général ça ne me ressemblait pas. Mais bon, me voilà dans mon rôle "d'amoureux caché qu'on voit en douce". J'ai une relation qui me laisse beaucoup de place. Assez pour être moi. Pour me retrouver et me ressourcer entre chaque croquage de pomme. Oui, mon inconscient m'a repris en main quand je perdais pied.
Il m'a poussé dans la voie qui, je pense, est la plus équilibrée pour moi. Je vais vivre une douce solitude, parsemée de moments de grande affection. Je ne prendrai pas le risque destructeur de tomber dans le stéréotype du couple à temps plein. On ne partage que des bons moments, la routine, les engueulades, l'envahissement n'existent pas. On ouvre notre parenthèse de bonheur, on s'y glisse, on vit, et on la referme, retournant chacun à la trame de fond de nos vies.
Elle me ressource plus ainsi que si je la voyais tous les matins au réveil, ne me rendant plus compte de ma chance. Quand je vois sortir sa frimousse de sous la couette, je savoure l'instant; parce qu'il est rare.
Et parce que je l'aime.
